• Slice of life / Historique
  • Komikku éditions
  • 27 août 2015
  • 192 pp

Résumé

Florence. Début du XVIe siècle. Dans ce berceau de la Renaissance, qui vit l’art s’épanouir dans toute sa splendeur, une jeune aristocrate prénommée Arte rêve de devenir artiste peintre et aspire à entrer en apprentissage dans un des nombreux ateliers de la ville…
Hélas ! Cette époque de foisonnement culturel était aussi celle de la misogynie, et il n’était pas concevable qu’une jeune femme ambitionne de vivre de son art et de son travail. Les nombreux obstacles qui se dresseront sur le chemin d’Arte auront-ils raison de la folle énergie de cette aristo déjantée ?

Mon coup d’oeil

Hello les Cal’amis !

Cela fait bien longtemps que je n’ai pas produit d’articles ici. Mais vaut mieux tard que jamais ! Qu’est-ce qui m’amène donc ? Un manga fabuleux  : Arte.

Entre nous, je n’en avais jamais entendu parler. On me l’a offert (sur très, très bons conseils) pour mon anniversaire, il y a un peu plus d’un mois. Comment vous dire ? Je ne l’ai pas lu tout de suite mais dès que je me suis plongée dans l’histoire, je n’ai pas pu le quitter. Vraiment. En l’espace d’un mois et quelques jours, je me suis acheté tous les autres tomes parus (jusqu’au n°8). Cela vous donne une idée de la puissance de mon addiction…

Quels sont les ingrédients addictifs de cette histoire ? Déjà, Arte. Je m’y suis attaché illico presto. Aristocrate, elle refuse l’idée du mariage imposée par sa mère et abandonne son milieu. Elle tire donc un trait sur sa dot et sa famille pour tenter de devenir peintre et vivre de son art ! Waouh, rien que ça à cette époque !

Déterminée, forte, courageuse et drôle, elle nous emporte avec elle vers ses rêves, et nous fait « traverser », non sans heurts, de nombreux carcans patriarcaux. Dans cette atmosphère suante de misogynie, des hommes l’accepteront et l’épauleront dans son aventure. Ils apprendront d’Arte plus qu’ils ne l’imaginent. Léo (maître d’atelier), personnage hautement frustrant mais très attachant, se retrouvera confronté à des émotions qu’il refuse d’exprimer. Angelo (jeune apprenti) reverra son jugement . Non, les femmes ne sont peut-être pas des êtres fragiles à secourir et à protéger à chaque instant…

D’autres hommes apparaîtront plus insaisissables, moins nets sur leurs intentions mais ces relations hommes/femmes quelles qu’elles soient et qui se tissent tout au long du récit sont magnifiquement bien posées et sont source d’apprentissage.

Les liens de femme à femme sont aussi extraordinaires ! Car si Arte doit se confronter aux hommes, elles se confronte aussi aux femmes. Il y a tellement de personnages féminins différents, intéressants, captivants chacun à leur manière, chacun à leur niveau… Et tous ont une histoire de vie à nous raconter.

Courtisanes, couturières illettrées, filles de la noblesse, nourrices… elles se débattent et se battent toutes avec leurs armes pour se frayer un chemin plus ou moins discret dans ce monde d’hommes qu’elles nous exposent avec finesse.

Je ne veux pas vous les citer ici, car je vous laisse le plaisir de les découvrir mais chacune en vaut la peine.

Je n’ai que peu évoqué l’art tout au long de cette chronique, et pourtant, je me dois de lui faire honneur, car il n’est pas un simple moyen. C’est lui qui teinte l’histoire, qui la guide et qui la consolide. C’est par lui qu’elle éclot et qu’elle se poursuit. Il est le liant entre tous les personnages et il les magnifie. Les techniques de l’époque sont savamment mises en scène. Historiquement, on sent la recherche et la cohérence (excepté quelques libertés de langage et des situations propres au style des mangas).

Un de mes passages préférés est celui au moment du carême où les artistes se retrouvent clandestinement dans un lieu pour assister à… Ah ! Je ne peux pas vous le dire ! Il faut le lire !

Bref, vous l’avez ressenti, ce manga, pour moi, est une pépite. Il est vibrant, puissant, intelligent, intéressant.

C’est ma lecture de fin d’année, que je conseille à tous, homme et femme ! Je tiens à préciser car, je ne voudrais pas qu’on pense que c’est une lecture pour un public exclusivement féminin. Il est même classé « Seinen » de base (pour « Jeune homme », en gros). M’enfin, les catégories, hein… C’est juste une super histoire. Point.

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