• Young Adult / SF
  • R-jeunes adultes, collection « R »
  • 26 mai 2016
  • 418 pp

Résumé

1re vague : Extinction des feux. 2e vague : Déferlante. 3e vague : Pandémie. 4e vague : Silence. À l’aube de la 5e vague… Ils sont parmi nous. Ils sont dans leur vaisseau. Ils sont nulle part. Ils veulent la Terre. Ils veulent qu’elle nous revienne. Ils sont venus nous exterminer. Ils sont venus nous sauver… Cassie a été trahie. Ringer aussi. Et Zombie. Et Nugget. Et les 7,5 milliards d’humains qui peuplaient notre planète. Trahis d’abord par les Autres, et maintenant par eux-mêmes. En ces derniers jours, les rares survivants sur Terre se retrouvent confrontés au dilemme ultime : sauver leur peau… ou sauver ce qui les rend humains.

Mon coup d’oeil

Je suis contente d’avoir poursuivi la lecture de cette trilogie. Malgré mes difficultés à y rester accrochée. “La dernière étoile” est mon tome préféré. L’humanité éclate ainsi que l’écriture de l’auteur. Je ne l’ai pas beaucoup dit dans mes précédentes chroniques mais j’apprécie énormément le style de Rick Yancey lorsqu’il utilise des phrases courtes voire nominales. Elles ont un effet coup de poing et un potentiel émotionnel très puissant (pour moi).

La part reptilienne de son cerveau repousse mes tentatives : ce gène humain est plus ancien et plus puissant que toute la technologie qui m’a été inoculée. Notre lutte continue durant plusieurs minutes. Nos cœurs, la guerre. Son corps, le champ de bataille”, p.347

Comme nous pouvions le deviner, Marika et Cassie ont des rôles très importants à jouer dans ce dénouement qui s’avère compliqué et presque impossible. L’avenir de la planète entre les mains de la Femme ? Un très beau symbolisme qui se reflète à chaque page tournée jusqu’à la dernière. Les deux jeunes femmes ont réussi à me toucher au cœur et leur alliance improbable est exquise. Cassie n’en sera que plus magnifiée et l’immaturité qui m’agaçait un peu chez elle, disparaîtra. Elle deviendra l’essence même de l’Humanité…

Le suspense est bien mené mais la “surprise” sur l’identité des Autres que l’on découvre dans “La mer infinie” n’est pas bien filée dans cette suite. J’ai trouvé que les révélations se contredisaient d’un livre à l’autre ou étaient mal approfondies, mal expliquées. Est-ce que le fondement a été un peu bâclé par l’auteur ? Je ne sais pas. Pour ma part, j’ai réussi à me construire un “pourquoi” et un “comment”de l’”invasion” !

Bref, c’est une fin ouverte, étonnante seulement par une décision de Cassie et une transformation de Marika. Mais cette fin est problématique. Pourquoi ? Le but des “Autres” est tout de même noble dans sa conception. Il a un fort écho en nous mais le moyen choisi pour y parvenir n’est pas acceptable pour les humains que nous sommes. Alors, au final que faudrait-il faire ? Je trouve dommage que la conscience “écologiste” ou “environnementale” n’ait pas trouvé un si bon appui dans cette fin. J’ai l’impression que cette conscience n’est qu’un support à l’histoire, c’est dommage.

Cassie, Marika, Ben, Sammy, Megan, Evan et Vosch (oui même lui) sont les différents visages de l’Humanité. Tous sont l’Humanité dans ce qu’elle peut avoir de pire, dans ce qu’elle peut avoir de meilleur. Une Humanité qui continue à poser questions par les échos qu’elle produit et que chacun trouvera en lui-même :

Voilà la charmante vérité sur le monde que les Autres ont créé : mon petit frère a oublié son alphabet, mais il sait fabriquer des bombes”, p.257.

Une lecture dans le courant des deux premières, à tenter lorsque vous avez lu les deux premiers, à persévérer si vous ressentez de l’incohérence. Ce n’est pas un coup de cœur mais sur les trois, il se dénote. Par conséquent, c’est une trilogie à découvrir.

Je ne te hais plus. Et je n’ai plus peur de toi. Je ne hais rien ni personne. Je n’ai peur de rien. […] Non, la réponse n’est pas la haine. […] Et la réponse n’est pas non plus la peur. […] Maintenant, je m’allonge pour dormir… […] Quand je me réveille le matin… […] Montre-moi le chemin de l’amour”, pp. 396-398

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