• Fantastique
  • Grasset jeunesse
  • 13 avril 2016
  • 384 pp

Résumé

Rien ne va plus depuis que le Château de l’extravagante famille Ferrayor a croulé sous l’assaut des objets rendus à la vie. Le jeune Clod, ayant perdu forme humaine, erre de ruelles en échoppes dans une ville ravagée par la crasse et la pauvreté ; sa complice Lucy Pennant, elle, est ensevelie sous les décombres du manoir, où elle fait la rencontre d’une créature aussi monstrueuse qu’attachante.
Pourchassés, nos deux héros vont devoir se réunir pour déjouer les plans de Grand-Père Umbitt, qui règne en tyran sur le peuple asservi du Faubourg.

Mon coup d’oeil

Nous retrouvons Lucy et Clod dans une bien mauvaise posture. En dehors du château, ils vont se retrouver « trimbalés » de-ci, de-là, rencontrant de nouveaux personnages pour le moins étranges.

La jeune fille va faire la connaissance de « Bénordur » sous la terre. Et le jeune homme connaîtra le tailleur,  assassin qui hante les rues selon la rumeur. Ces nouveaux arrivants (et d’autres) seront les révélateurs d’une grande machination concoctée « Ferrayor ».

De fait, sur un fond d’industrialisation, la famille exploite les habitants de Fetidborough de façon très étrange pour des desseins encore flous. Clod, en tant que descendant ne sera pas au bout de ses peines et de son désarroi. Lucy, pour sa part n’en sera que plus révoltée et laissera exprimer sa colère de feu.

Edward Carey ne perd pas du tout son style dans ce deuxième tome, bien au contraire. Ses illustrations fascinantes et déroutantes, sont là, imbriquées avec les mots. L’histoire file avec brio toujours pleine de secrets et si particulière. Il est vrai, on en apprend plus mais pas encore assez pour pouvoir s’imaginer l’étendue du pouvoir du Grand-père Umbitt.

Les questions restent sans réponses et se multiplient : quel est son but ? Quel est le rôle de Benordur, de Rippit et de Clod dans tout ce fatras ? Pourquoi les personnes se transforment-elles en objets ? Est-ce qu’elles peuvent vivre sous forme humaine sans réifier celles qui leur sont liées ? Clod réussira-t-il à se libérer de l’hégémonie familiale pour prendre son destin à bras le corps ?

En mon for intérieur, je sens que Bénordur et Clod seront des pivots pour la suite mais Umbitt me fait peur. Son « don » que je crois du même type que celui de Clod est beaucoup plus redoutable. Écrasant, annihilant.

J’ai vraiment hâte de lire le dénouement, à feu et à sang, à mon avis… Vite une bonne dose d’humanité, vite le dernier tome !

Les hommes dans les guerres perdent leur âme, elle est foulée aux pieds, je l’ai vu, il n’y a plus d’individus, rien qu’une masse, une grande masse qui court à son anéantissement, p.332. 

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