Retrouver l’inspiration. Ou plutôt de nouveau la sentir, la pressentir. Autour de moi. En moi. Dansante et virevoltante. Depuis quelques mois, j’ai ce désir et cet espoir. Je sens que cette fois, j’y suis. Pourtant, elle pourrait m’en vouloir de l’avoir si longtemps malmenée. Ignorée. Blessée. Des années pendant lesquelles, je lui ai fermé les portes au nez. Des années d’errance et de recherche aveugles. Des années d’entêtement obtus lacérant ma joie pure. Lacérant la spontanéité de mon enfant intérieur. Des années de blessures invisibles. En filigrane dans mon âme.
A quoi bon tous ces objectifs, aussi grands soient-ils, s’ils tuent ma force vive ? S’ils la bousculent et l’abîment dans l’espoir de l’affaiblir pour la capturer ? La garder près d’eux. Tout contre eux, elle a fini par étouffer. Comme un feu. Elle a disparu.

Et moi qui souhaitais tant me reconnecter à elle, pour reprendre son souffle. Mon souffle.

Heureusement, sur le chemin, il y a ces personnes que nous connaissons depuis longtemps et qui nous accompagnent discrètement. Qui nous soutiennent. A travers des idées, des impulsions créatrices, jetées comme des ponts de fortune entre nos sensibilités. La créativité des unes a appelé la mienne. Dans un cri de louve. J’ai senti ce mouvement au plus profond de mes entrailles. Ce surgissement, ce fourmillement. J’ai eu envie de répondre. Avec des pastels, des feutres, un crayon à papier, un stylo. Dans une danse désordonnée. Faire reprendre ce feu. Retrouver la source. Ecouter ce crépitement, cet écoulement sous les strates de béton. Sous ce mur élevé par mes « certitudes », mes mauvaises « croyances », mes « obligations », mes « il faut » et mes « je dois ».
A tâtons, toucher la terre humide sous cette frontière. Y plonger mes doigts. Sentir la richesse de l’humus sous mes ongles. Et commencer à creuser. Encore et encore. Me nourrir de petites idées qui passent, qui m’effleurent, même à l’apparence futile. Même inutiles pour mon « grand » projet. Qu’est-il vraiment, s’il m’empêche de jouer ?

Mon écriture est vivante. Elle court dans mes veines. Sous quelque forme que ce soit. Rien en elle n’est figé. Elle vibre, elle saute, elle pleure, elle rit.
Elle est une des clefs qui ouvrent la cage de l’enfance prisonnière. Elle libère l’émerveillement ou est-ce l’émerveillement qui la libère ? L’instinct retrouvé, aiguisé la déploie…
Un tout, un rien, lui donne naissance.

Une joie vivace, brève. Une douleur claquante, surprenante. Une chute et son amas de colère accroché à mon ventre. Des propos mal interprétés. Une rencontre. Une illusion. Une séparation. Tant de possibles s’ouvrent…

Tant de magie.

Mon bâton à la main, je me vois danser au clair de lune, les pieds dans la terre, la tête dans les étoiles. Je me nourris des mondes.

Tiens cette danseuse nocturne, je l’ai déjà écrite sous d’autres traits…

Signature