• Fantasy
  • J’ai lu
  • 7 octobre 2017
  • 960 pp

Résumé

Aléa, jeune orpheline solitaire, dérobe un jour une bague qui lui confère des pouvoirs étranges. Politiciens et religieux convoitent autant qu’ils redoutent cette élue aux facultés uniques… Serait-elle appelée à devenir le Samildanach, l’élu des druides, à qui revient la charge de façonner l’avenir du monde ? La guerre est proche et gronde, le destin de l’île de Gaelia est sur le point de basculer.

Mon coup d’oeil

Quel plaisir d’avoir rencontré cette édition de l’intégrale de La Moïra ! La sublime couverture m’a replongé dans mon souvenir de lectrice. Oui, j’avais lu la trilogie à l’âge de 13-14 ans, exactement celui d’Aléa, le personnage principal. L’identification avait été presque totale. J’avais été embarquée par l’histoire. J’en ai gardé une impression tenace toutes ces années.

Quinze ans plus tard, je m’y suis replongée avec la même envie et le même plaisir. Heureuse de me souvenir et de redécouvrir les rebondissements oubliés. Aléa reste mon personnage préféré, j’avais été très inspirée par sa personnalité et sa quête à l’époque, c’est toujours le cas, aujourd’hui.

Et le voyage en Gaelia a été magique.

J’ai su apprécié la force de l’amitié qui unit Aléa à tous ses proches compagnons. Mjolln, le nain et le plus drôle de ses amis allège toujours la plus dramatique des situations ; Phélim, le druide protecteur, Galiad et Erwan, les majistels fidèles à leur mission, Faith la barde raffinée, Kaitlin la libre cheminante et Tagor le pacifiste guerrier tuathann, je les ai tous appréciés et leurs liens particuliers, aussi.

L’aventure est surprenante, elle paraît tomber sur l’adolescente orpheline comme le hasard, mais petit à petit le récit livre ses secrets, peut-être qu’Aléa est destinée à tout ça ?

Le destin… un grand sujet dans cette trilogie. Existe-il ? Sous les traits de Dieu, sous les traits de la Moïra ? L’humanité peut-elle être libre et décider seule de son sort ?

Finalement, l’enjeu est beaucoup plus grand qu’on ne saurait l’imaginer et sous les attraits fantastiques du roman, on en vient à se poser nous aussi des questions centrales. On réfléchit et on ressent.

Etre un enfant de la Moïra, c’est un état d’esprit. Ne pas vouloir s’attacher à un bout de terre, à une maison, et se laisser guider par le vent par le soleil, par la direction des chemins, voilà une philosophie qui, si elle te paraît simple, est pourtant très épanouissante. Il n’y a jamais eu de guerre, dans notre communauté. Parce que personne n’a envie de se battre pour un bout de terrain. Aucun de nous n’aurait l’orgueil de revendiquer quelque propriété que ce soit. La terre n’appartient pas aux hommes, selon nous…, p.474. 

La mémoire de la terre est étrangère, à celle des hommes. On croit tout connaître de l’histoire et du monde, mais il est des âges oubliés où se croisaient encore mille merveilles aujourd’hui disparues. Seuls les arbres se souviennent, et le ciel et le vent. Et si, un soir d’été, l’âme bienveillante, vous entendrez peut-être cette histoire d’un autre temps, au pays de Gaelia ; celle de la louve blanche et de l’enfant qu’on appelait Aléa, p.645.

 

Belle relecture…

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