• Jeunesse/handicap psychique
  • Editions du Rouergue – collection Zig Zag
  • 22 octobre 2004
  • 96 pp

Résumé

La maman de Lalou est belle et fragile comme un papillon. Les jours rouges, elle rit beaucoup. Les jours noirs, elle reste au lit toute la journée. Et les jours où elle part sans un mot avec sa valise, ce sont les jours blancs. Les jours d’hôpital et d’absence. Alors ces jours-là, Lalou se réfugie chez ses voisins, Mathilde et le grand Yassou. En attendant que sa maman se sente assez forte pour revenir, elle dessine des papillons sur toutes ses boîtes à chaussures. Et quand elle colle dessus des perles et des paillettes, les papillons ont presque l’air de s’envoler !

Mon coup d’oeil

Avec Des jours blancs, Sylvie Deshors et les Editions du Rouergue ont réussi un tour de force : parler d’un handicap psychique autre que l’autisme ou la dépression, pathologies plus « communément » représentées dans la littérature jeunesse.

En effet, même si la pathologie de la mère de Lalou n’est pas précisément nommée, les « jours rouges » et « les jours noirs » la symbolisent entièrement. Ces deux couleurs reflètent des humeurs distinctes. Le noir pour la tristesse et la crise dépressive, le rouge pour l’excitation et l’accès maniaque. Ainsi, la mère de Lalou serait atteinte de mélancolie maniaco-dépressive ou plus simplement de bipolarité.

Cette histoire est très réussie et le personnage de Lalou y est pour beaucoup. Une seule chose transparaît de cette petite fille : l’amour. L’amour puissant qu’elle éprouve pour sa maman malgré tout. Elle est souvent délaissée et livrée à elle-même mais elle n’éprouve pas de colère. Bien sûr, elle souffre. Elle souffre sans chercher le conflit, l’opposition, car elle sait. Elle comprend ce que ressent sa mère. Et cette maturité lui permet d’être dans l’acceptation quelque soit la situation. Cet « élan vers » est beau.

En outre le récit ne serait pas ce qu’il est sans les illustration de Natacha Sicaud. Même si esthétiquement, je n’adhère pas toujours, elles sont un « quelque chose ».

Tout d’abord, l’effet « coup de crayon » est original. C’est une caractéristique qui me plait. Ensuite, le jeu de contraste entre noir et blanc sur quelques pages, s’harmonise avec le thème. Il prend sens. Enfin, les dessins ne sont pas de pâles reflets des mots. Ce ne sont pas des supports pour égayer ou faire joli. Ce sont des éléments essentiels. Ils font corps avec le récit. En ôter certains reviendrait à enlever des morceaux du texte…

Je vous conseille vivement de lire ce petit trésor que j’ai vraiment aimé !

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