Dans mon projet de confidence, je saute le pas. Je vais vous parler de mon monstre. Celui qui me hante à chaque fois que je prends la plume ou l’ordinateur et que je me mets à écrire. Le monstre critique. Il pourrit ma vie créative. Malgré tous les efforts que je fais pour me relancer dans l’écriture, il se fout littéralement de moi (c’est poliment écrit, ce que je pense est tout autre).

Il me regarde de toute sa monstrueuse hauteur et il se marre ! Je l’entends chuchoter dans mon dos à chaque mot, à chaque phrase.

C’est plat ! Ton écriture est vide et superficielle. Tes personnages n’ont aucune profondeur… 

Sa formule magique est une litanie. Une malédiction, des mots mal dits ou des mauvais mots dits. Au choix. Sans que je m’en aperçoive réellement, ils deviennent miens, mes profondes fausses convictions et bloquent mon élan depuis un moment. Mais que s’est-il passé pour que je me sente si abattue ? Pour que ma confiance soit balayée avec autant de force ?

Justement parce que le monstre a un visage humain, précis et réel. Je dirai qu’il est une « multitude » de visages qui se font écho. C’est une hydre et je ne suis pas Héraclès, enfin ça c’est ce qu’il veut me faire croire. Cette créature me persuade que je n’ai pas la force, que ce n’est pas ma place, d’être là devant ma feuille blanche avec l’envie d’écrire comme tout bagage…

Je ne sais pas lequel de nous deux est la plus conne. Elle (l’hydre) pour m’avoir dit ces mots ou moi qui ne cesse de les écouter en boucle et qui m’efforce d’écrire en les prenant en compte quitte à me mettre des bâtons dans les roues ?

Bon, ce soir, je passe un contrat avec vous, avec moi : je pense positif, ce n’est pas moi qui suis conne !

Je ne présenterai pas le contexte des différentes critiques qui font qu’aujourd’hui, j’ai du mal. Je sais que les critiques peuvent être constructives et qu’il faut savoir aussi les accueillir. Peut-être n’ai-je pas su ou peut-être que je n’y attendais pas. Trop déroutée, trop déséquilibrée. Surtout qu’à la base je ne suis pas la reine de la confiance. Et l’écriture, c’était un univers où je me sentais « bien ». J’étais vraiment guidée par un plaisir enfantin. Je m’amusais réellement avec les mots, les personnages. J’avais reçu beaucoup d’encouragements avant ça. Je me sentais pousser des ailes, et je croyais aux infinités de possibles.

Peut-être que la malédiction m’a plongée dans une toute autre sphère, quelque chose de trop sérieux. Et tout a foutu le camp ! J’ai appris à me prendre la tête, là où je me sentais libre, j’ai appris à déprécier chaque mot, chaque phrase, chaque idée. Et j’ai commencé à souffrir…

Mais pourquoi avoir accordé tant de crédit à ça ? La brèche dans la confiance. Ma confiance. Et la puissance de la confiance qu’on a en le monstre en contrepartie (parfois les monstres sont les plus proches de nous). J’ai cru à cette vérité.

L’hydre n’a pas pu voir ni ressentir ma détresse. Elle n’a pas pu atténuer ou éclairer ma mauvaise interprétation si mauvaise interprétation il y a eu (vu le contexte, c’est une possibilité). Je ne le saurai jamais. Cependant, quand je relis mes petites écritures, je ne peux m’empêcher de penser que j’ai bien interpréter les mauvaises paroles…

Je suis devenue le monstre.
Une des têtes de l’hydre.
Mais je suis aussi Héraclès !

Alors, avec l’aide de Julia Cameron, j’ai bien l’intention de retrouver toute ma fraîcheur d’écrire…

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