• Témoignage / Société / Humanisme
  • Équateurs
  • 1 septembre 2016
  • 167 pp

Résumé

« Là, là-bas, des centaines. Les bras tendus, ils crachent, hoquettent, s’ébrouent comme une meute suppliante. Ils se noient sous mes yeux et je n’ai qu’une question en tête : comment les sauver tous ? »

L’opticien de Lampedusa est un homme ordinaire. Il nous ressemble. Il est consciencieux, s’inquiète pour l’avenir de ses deux fils, la survie de son petit commerce. Ce n’est pas un héros. Et son histoire n’est pas un conte de fées mais une tragédie : la découverte d’hommes, de femmes, d’enfants se débattant dans l’eau, les visages happés par les vagues, parce qu’ils fuient leur pays, les persécutions et la tyrannie.

L’Opticien de Lampedusa raconte le destin de celui qui ne voulait pas voir. Cette parabole nous parle de l’éveil d’une conscience. Au plus près de la réalité, d’une plume lumineuse et concise, Emma-Jane Kirby écrit une ode à l’humanité.

Mon coup d’oeil

J’ai entendu parler de ce livre pendant le journal TV de 13h, le point culture. J’ai eu envie de me le procurer et quelques jours après, je l’ai fait. Je l’ai entamé tout de suite. Comme un besoin, un devoir de prendre connaissance de cette histoire vraie (qui découle d’un reportage).

Je ne peux pas le cacher, j’ai pleuré dès les cinquante premières pages. Je me suis tout pris dans la figure, je le voulais. Et, à chaque fois, je me mettais à la place des huit personnages qui vivent cette « atrocité ». Et si c’était moi sur ce bateau ? Et si c’était moi dans l’eau ? Mais je ne peux pas me mettre à ces places-là, je ne peux pas comprendre ce que c’est. Ni d’un côté, ni de l’autre.

Je peux juste ouvrir mon esprit et mon cœur encore plus…

L’Humanité se noie, l’Humanité sauve et se questionne. Elle est de tous bords. Et celle qui ignore, qui interdit est-elle humaine ? C’est toute la question face au non sens de la loi, de sa frigidité « régulière ».

Il est interdit pour le qui dam de prendre des migrants sur son bateau, il est interdit de sauver ? Et pourtant la non assistance à personne en danger est punie… Une dichotomie irrationnelle qui rend chèvre et va à l’encontre de l’impulsion, l’instinct qui saisit.

Cet autre est ce moi. Et moi, je suis l’autre. Le miroir est là. L’universalité est en nous. Il est important d’en être convaincu.

Ce livre ne donne pas de leçon, il n’est pas là pour nous faire sentir coupable. Il raconte et partage un réveil, un nouveau jour sidérant, un tremblement, un éveil de conscience…

Aujourd’hui, ils font face à ces demandeurs d’asile en chair et en os. Ils sentent contre leurs joues le sel de leurs larmes. Des hommes si jeunes, des noms mélodieux, des cœurs gonflés de vie et de promesses. Des noms, se dit-il, pas des nombres. Des noms !, p.112  

 

Nul ne sait où sont enterrés les anonymes. Pourquoi avoir sorti ces dépouilles des profondeurs de la mer, les avoir amenées à la lumière si, une fois sur terre, c’est pour les perdre de nouveau ?, pp. 132-133

Un livre qui ne peut laisser indifférent. Un bouleversement à s’offrir et à se permettre. Je ne regrette pas de l’avoir mis sur mon chemin.

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