• Fantastique / Drame Psychologique / Slice of life
  • Gallimard Jeunesse
  • Avril 2012 (pour la présente édition)
  • 216 pp

Résumé

Depuis que sa mère est malade, Conor, treize ans, redoute la nuit et ses cauchemars. Chaque fois, quelques minutes après minuit, un monstre apparaît sous la forme d’un arbre gigantesque qui apporte avec lui l’obscurité, le vent, les cris. Le monstre vient chercher quelque chose de très ancien et de sauvage. Il veut connaître la vérité…

Mon coup d’oeil

C’est mon parrain, Frédéric, qui pour la première fois m’a fait rencontrer Quelques minutes après minuit. J’ai eu un coup de foudre pour cette couverture encombrée de branches et sombre comme la nuit. Mais il m’a averti que le sujet serait dur. J’ai pris mon temps pour me lancer…

Je ne connaissais ni Patrick Ness, ni Siobhan Dowd. Ignorante, je me suis laissée porter par l’histoire. Et comment dire ? Ce conte magnifique est le genre de récit pour lequel j’aime tant lire, j’aime tant me plonger dans d’autres mondes si proches du mien. Un voyage dans une dimension parallèle, si vibrante qu’elle résonne en nos corps et nos cœurs.

J’ai lâché ce livre seulement parce que j’en ai été obligée (contraintes quotidiennes). Si j’avais pu, j’aurais passé tout mon temps accroché à ses pages. Nous sommes tout de suite dans le vif du sujet, du problème. Une jeune garçon en prise à un cauchemar récurrent. A un monstre. A 00h07.

Pourquoi ? Et dans quel but Conor fait-il se cauchemar ? Pourquoi et dans quel but le monstre le hante ? Voilà les questions en suspens qui nous tiennent jusqu’au bout ! Jusqu’au climax douloureux mais cathartique.

C’est un récit qui grandit à chaque page tournée, qui s’incarne (dans le sens de « prendre corps »). L’humanité le remplit. Je savais que je serai différente après cette lecture. Je sais que vous ne serez plus les mêmes, vous non plus. J’ai pleuré. Tellement pleuré quand est arrivée la fin. Mais cela ne doit pas être un frein pour lire…

Quelque soit notre âge, cette oeuvre nous apprend quelque chose sur nous-mêmes et sur les autres. Elle est adressée à la jeunesse mais elle détient une maturité certaine. Ni noire, ni blanche, elle est nuances comme le monde.

Elle déculpabilise, elle allège le poids de « l’amour-devoir »…

Vous l’aurez compris, je trouve ce récit symbolique, sublime et intelligent. Allié aux illustrations de Jim Kay, il parle à l’âme. Il résonne d’autant plus quand on sait qui est Siobhan Dowd. Patrick Ness lui a offert un cadeau inestimable et a été à hauteur de sa mission. Il a réussi à « secouer le monde ».

Quelques minutes après minuit est à mettre entre toutes les mains…

« Je suis l’échine où s’accrochent les montagnes ! Je suis les larmes que pleurent les rivières ! Je suis les poumons qui soufflent le vent ! Je suis le loup qui tue le cerf, le faucon qui tue la souris, l’araignée qui tue la mouche ! Je suis le cerf, la souris et la mouche qui sont mangés ! », p.44

 

 

après minuit 3

 

« Il n’y a pas toujours un gentil. Et pas toujours un méchant non plus. La plupart des gens sont entre les deux », p.74

 

après minuit 2

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