• Slice of life
  • Les Enfants Rouges
    Coll. Les petites marées
  • 6 octobre 2016
  • 84 pp

Résumé

– Pourquoi tu ne le fais pas avec eux, ce demi-tour du monde ?
– Quoi ? Mais t’es folle !
– Oui, mais ça c’est pas nouveau…
– Je veux dire, t’es encore plus folle que je pensais…

Mon coup d’oeil

Rose est une magnifique histoire – comme toutes celles des Enfants Rouges que j’ai déjà lues – et je ne savais pas qu’elle existait en roman : Lâcher sa main,  de Séverine Vidal aux éditions Grasset Jeunesse. Lorsque ma pile à lire aura un peu diminué – ou pas -, je me pencherai sur cet ouvrage.

En attendant, la version illustrée fonctionne très bien. Ce récit fait grandir. Il pose la question de la relation mère-fille dès les premières planches. De Rose ou de Fran qui est la fille, qui est la mère ?

« Maman, ça t’écorcherait ? », p4.

Rose a l’air plus responsable que sa mère. En effet, cette dernière réagit souvent avec insouciance, inconscience, sans peur du qu’en dira-t-on… et ce depuis la tendre enfance de Rose. Peu à peu, on comprend pourquoi. Des pages non colorisées nous plongent dans leurs souvenirs communs. J’ai aimé cette « mise en scène ». Les dessins ainsi épurés de Victor L. Pinel ont dégagé une force singulière, propice à l’ancrage des expériences mère-fille. Et si toute la folie de Fran s’y révèle, je ne peux pas nier que ce personnage donne envie. Envie de libérer la spontanéité qui se terre au fond chacun…

Fran est un personnage brut, nature et malgré sa maladie, je l’ai trouvé très poétique. Cette poésie a été réellement mise en valeur par les dessins. Je pense à un passage en particulier  :

« Ferme les yeux, c’est la seule façon pour que ce moment dure toujours », p.40

L’image de la petite Rose cheveux au vent dans la voiture est un écho du passé à la Rose d’aujourd’hui.

Ce récit pose la question de la famille, celle que l’on a et celle que l’on se choisit. Tristan, le petit ami de Rose, lui présente sa famille, « celle du bateau » et pour l’héroïne, une nouvelle vie se profile… Encore faut-il qu’elle trouve le courage de laisser sa mère…

Finalement, c’est de ça qu’il s’agit. Sauter le pas, pour vivre sa vie. Mais pour cela, il faudra à Rose un déclic, un élément déclencheur. C’est là qu’on s’aperçoit que les rôles en profondeur n’ont jamais été vraiment inversés. Fran est mère.

Et Rose largue les amarres.

Une histoire d’amour(s) et de vie(s) comme je les adore. Avec des personnages touchants. Vous l’aurez compris, Fran est un de mes préférés. Il y a aussi Alfredo et Tristan dans mon top 3. Top 3 autant pour le dessin que pour la psychologie. Bien sûr, j’aime Rose (je la trouve vraiment très belle) et les autres.

J’adhère encore à l’effet de la bichromie. Dans le dessin des personnages de Victor L. Pinel, j’ai ressenti une âme. Je ne suis pas restée indifférente à son trait. Et j’ai adoré un détail particulier, c’est le nez. Pour moi c’est une signature !

Cette rencontre illustrée me donne vraiment envie de découvrir plus profondément l’écriture de Séverine Vidal…

©Signature