• Jeunesse / Handicap mental
  • Thierry Magnier, collection « Petite Poche »
  • 14 mars 2006
  • 46 pp

Résumé

Sophie en a assez de surveiller sa tante Géraldine, de tailler ses crayons de couleur et de lui dire quand elle doit aller aux toilettes ! Géraldine a trente-six ans mais dans sa tête elle est très petite, minuscule même. Et le jour où elle décide de se débrouiller toute seule, c’est la catastrophe.

Mon coup d’oeil

Pour moi, Tatie Gribouille, c’est tout d’abord, l’auteur Mathis que je connais si mal mais qui a déjà su me toucher au cœur par ses sujets et sa vision des choses. C’est aussi les Editions Thierry Magnier, avec leur collection « Petite poche » aux premières de couvertures épurées que je trouve tellement attractives.

Tatie Gribouille est un petit ouvrage par lequel on se laisse facilement effleurer. Un morceau de vie déposé entre nos mains. Un morceau de vie que tout le monde pourrait expérimenter, connaître.

Devant la différence, les sentiments de Sophie sont les nôtres : jugement, agacement, incompréhension, étonnement, attraction voire une certaine fascination…

Sans le dire nettement, cette jolie histoire, à travers les yeux de son héroïne, nous parle de l’étrangeté que nous éprouvons à l’égard de l’Autre : « pourquoi la tante Géraldine n’est-elle pas comme les autres adultes ? » ; « est-ce que la fille qui marche bizarrement dans la rue a toute sa tête ? ». Et inévitablement, cette jolie histoire nous parle de l’étrangeté que nous éprouvons à notre égard.

Avec discrétion, Mathis pose ainsi la question d’une normalité toute relative. J’ai aimé ce récit naturel et plaisant, à l’air de rien. Dans sa légèreté, il met le sourire aux lèvres.

©Signature